Stationnement Yes Park propose à la location les places de parking vacantes près de chez vous

A Lyon, selon la localisation du garage et les services proposés (vidéo-surveillance, gardien, standing), l’abonnement mensuel varie de 22 à 154 euros par mois. / Photo Marion Saive
A Lyon, selon la localisation du garage et les services proposés (vidéo-surveillance, gardien, standing), l’abonnement mensuel varie de 22 à 154 euros par mois. / Photo Marion Saive
Il suffit d'actionner un bouton sur l'application pour ouvrir le portail. / Photo Yes Park
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A Lyon, selon la localisation du garage et les services proposés (vidéo-surveillance, gardien, standing), l’abonnement mensuel varie de 22 à 154 euros par mois. / Photo Marion Saive Il suffit d'actionner un bouton sur l'application pour ouvrir le portail. / Photo Yes Park

Fini les tours de pâtés de maison à répétition avant de trouver un endroit où se garer. La start-up Yes Park propose plus de 200 places de stationnement aux Lyonnais à moindre frais, à quelques mètres de leur domicile. Le secret de ce tour de magie ? Simplement optimiser les places vacantes dans les parkings souterrains d’immeubles privés.

Thibaut Chary a eu une « idée naïve d’automobiliste » : ne plus faire quinze fois le tour de son pâté de maisons avant de trouver un bout de chaussée où garer sa voiture le soir, quand il rentre du boulot. « Aujourd’hui, il est devenu très difficile de se stationner. On connait un déficit chronique de places en voirie, lesquelles sont détruites car pas très esthétiques, au profit de parcs à vélos ou d’espaces verts. Ce qui est une bonne chose en soi, mais ce qui n’arrange pas tout le monde. »

Après étude de terrain, Thibaut et son associé Charles Pfister ont dressé un premier bilan : les places de parking en voirie diminuent dans les grandes villes, pour autant, il existe un nombre considérable de places vacantes dans les sous-sols d’immeubles privés de ces mêmes agglomérations. Alors pourquoi ne pas en faire profiter les particuliers en leur proposant de les louer au mois ? Et leur faire ainsi gagner un temps précieux ?  

Le tour de force ? Passer un partenariat avec les propriétaires de ces parkings privés – bailleurs sociaux, entreprises, centres commerciaux, hôtels -, eux-mêmes victimes d’un important manque à gagner puisque leurs garages n’affichent pas complet.

Yes Park espère doubler son offre d'ici la fin de l'année, pour atteindre les 500 places de stationnement disponibles / Capture d'écran
Yes Park espère doubler son offre d'ici la fin de l'année, pour atteindre les 500 places de stationnement disponibles / Capture d'écran
/ Photo Yes Park
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Un prix fluctuant suivant la localisation et le standing du parking

Implantée à Lyon depuis octobre 2016, Yes Park met à profit plus de 200 places de stationnement dans une quinzaine de parkings souterrains, tenus par quatre propriétaires partenaires – les bailleurs sociaux Alliade Habitat et Sollar, Cogifrance et Immobilière Rhône-Alpes. Selon la localisation du garage (certains secteurs sont très recherchés du fait de la pauvreté des places de stationnement, comme dans les Pentes de la Croix-Rousse) et les services proposés (vidéo-surveillance, gardien, standing), l’abonnement mensuel varie de 22 à 154 euros par mois (à savoir que ce n’est pas la start-up qui fixe les tarifs, mais les propriétaires de parkings). Yes Park perçoit l’intégralité du loyer, et en reverse une partie aux propriétaires.

En quelques minutes et clics, celui-ci peut louer une place de parking depuis l’application mobile, pour un mois entier, à moindre frais (les tarifs sont en moyenne 30 % moins chers que ceux pratiqués sur le marché), sans avoir de pièces justificatives à fournir ni de dossier à remplir. Seuls un prénom, nom et numéro de téléphone suffisent pour booker sa place. Une fois abonné, l’utilisateur bénéficie de deux jours d’essai gratuits pour tester sa place et voir si celle-ci lui convient, avant d’être débité.  Sans engagement ni caution, l’usager peut rebrousser chemin à tout moment.

Sur place, le smartphone du client - relié au parking grâce à un objet connecté positionné sur le portail - joue le rôle de télécommande digitale. L’usager n’a qu’à activer un bouton sur l’appli pour ouvrir les portes du parking.

Un concept "gagnant-gagnant"

Usagers comme partenaires, tout le monde trouve son compte dans ce concept d’économie collaborative. Les automobilistes disposent d'une place de parking à moindre frais, et les propriétaires rentabilisent leur offre de stationnement. C'est le cas d'Alliade Habitat, gestionnaire de plusieurs immeubles résidentiels comprenant des parkings souterrains : sur ses 55 places de parking, une sur trois était inutilisée avant de créer ce partenariat avec Yes Park. « Et une place vide, c’est un loyer en moins »,rappelle le bailleur social. Du gagnant-gagnant, donc.

"On économise chaque jour une file de 25 km de voitures sur la chaussée"

Alors que les politiques urbaines visent à décongestionner les centres villes pour améliorer le quotidien des citadins, le concept peut surprendre. Un outil qui facilite le stationnement, et donc, la vie des automobilistes, pourrait s’avérer contre-productif : avec des conditions optimales pour les automobilistes, les particuliers seraient plus facilement tentés d’acheter une voiture que d’opter pour les transports en commun ou le vélo.
Ce n’est pas le point de vue de Thibaut Chary. Lequel souligne plutôt les points positifs : « Grâce à Yes Park, les voitures qui se garent sur la voirie - avec le lot de nuisances que cela comporte pour les riverains - sont drainées en souterrain. 5000 personnes utilisent au quotidien notre appli. Si l’on considère qu’une place de stationnement mesure 5 mètres de long, on économise une file de 25 km de voitures sur la chaussée. » Deuxième argument : il s’agit d’une offre de stationnement longue durée : « D’après les données de l’appli, qui enregistre les entrées et sorties des usagers dans les parkings, il s’avère que les automobilistes qui utilisent Yes Park le font en grande partie pour stocker leur véhicule. Ils ne se servent de leurs voitures qu’occasionnellement, pour partir en week-end, par exemple. Si nous proposions de la location de parking pour des durées courtes, la problématique serait toute autre. En simplifiant le stationnement, on fluidifie la circulation et on abaisse le niveau de pollution. On contribue ainsi à améliorer la qualité de l’air », se justifie le cofondateur.

Fort de ses résultats à Lyon, Yes Park espère doubler son parc de stationnement d’ici la fin de l’année, et proposer 500 places de parkings aux Lyonnais.

Pratique Pour voir les offres de places de parking dans l'agglomération lyonnaise, c'est par ici.

Yes Park en chiffres

-          La start-up Yes Park, créée en 2014 et forte d’une quinzaine de salariés, est présente dans 300 communes de France, dont une demi-douzaine dans l’agglomération lyonnaise (Sainte-Foy-lès-Lyon, Caluire-et-Cuire, Tassin-la-Demi-Lune…)

-          A Lyon et proche banlieue, 15 parkings sont connectés à l’application Yes Park, soit plus de 200 places de stationnement disponibles

-          Un automobiliste d’une grande agglomération passe en moyenne 25 minutes par jour à se garer, soit une année entière au cours de sa vie.

-          Les automobilistes qui cherchent à se garer représentent 20 à 30 % de flux de circulation dans les grandes agglomérations

Marion Saive (marion.saive@leprogres.fr)

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