Championnats du monde Les meilleurs joueurs de bridge seront à Lyon ce week-end

Une salle de compétition des championnats de bridge Junior. / Photo EBL
Une salle de compétition des championnats de bridge Junior. / Photo EBL

Du 12 au 26 août, les championnats du monde de bridge par équipe se disputeront entre Rhône et Saône. 4000 joueurs du monde entier sont attendus pour la 43e édition, au Centre des Congrès de la Cité internationale (Lyon 6e). Le public pourra assister aux matchs et à des initiations gratuites.

Du 12 au 26 août, la Cité internationale accueille la 43e édition des championnats du monde de bridge par équipe. La compétition est organisée par la Fédération française de bridge (FFB) avec le soutien de la World Bridge Federation (WBF) et de la Métropole de Lyon. Sur ces deux semaines, 4 000 joueurs de tous niveaux vont s’affronter, cartes en main. Au total, 34 pays seront représentés.

Les championnats se disputeront dans trois épreuves phares, en Open (Bermuda Bowl), Dames (Venice Cup) et Seniors (d’Orsi Senior Cup). 22 équipes seront en lice dans chaque catégorie. Fortes de six titres mondiaux depuis 2012, les équipes de France tenteront de confirmer à domicile. Notamment les joueuses de l’équipe de dames Funbridge qui remettront leur titre de championnes du monde en jeu.

Des compétitions pour tous

En parallèle, des compétitions ouvertes à tous sont prévues chaque jour : les 1ers Internationaux de France, les 5e Mondiaux Jeunes, mais aussi la compétition Handibridge pour les joueurs handicapés. « Nous n’avons jamais eu autant de compétitions parallèles, qui mélangent tant de profils. Nous avons mis les moyens pour que l’audience soit la plus large possible », explique Didier Monvernay, responsable de la gestion des 182 bénévoles. Il faut dire que les organisateurs ont vu les choses en grand, avec un budget total estimé à environ 1 350 000 €.

Si les néophytes voient le bridge comme un simple jeu de cartes, à haut niveau il est avant tout « un sport de l’esprit », explique le responsable. Le bridge, un sport comme les autres ?

Arbitres et entraîneurs sont indispensables, ainsi qu’une bonne préparation physique. Comme lors de toute compétition officielle, les joueurs se prêtent à un contrôle anti-dopage et mettent leurs nerfs à l’épreuve.

« C’est un championnat très éprouvant car il se joue sur la durée. Il y a toujours un esprit de compétition lié au classement. Il faut voir l’émotion des spectateurs qui assistent aux matchs. Gagner une Bermuda Bowl, c’est comme gagner les Jeux Olympiques », résume Didier Monvernay. Pour les curieux, des membres de la FFB proposent des initiations gratuites sur inscription, du 13 au 26 août de 11 à 18 heures.

Pratique Championnats du monde de bridge, du 12 au 26 août à la Cité Internationale - Centre des Congrès, 50 quai Charles-de-Gaulle, Lyon 6e. Plus d'infos sur www.mondialbridgelyon2017.fr

Après un AVC, cette Lyonnaise devient championne de France

Dominique Jeannin-Naltet. / Photo Pierre Augros
Dominique Jeannin-Naltet. / Photo Pierre Augros

« Jouer au bridge avec des amis ne me donne aucun plaisir. En compétition, on n’est plus là pour passer le temps mais bien pour gagner ! » A 62 ans, Dominique Jeannin-Naltet est une compétitrice dans l’âme. Une force de caractère qui lui a permis de devenir championne de France de bridge 2017, trois ans après une rupture d’anévrisme.

« Mes parents jouaient au bridge à haut niveau. Mais j’étais rebelle, j’ai toujours refusé d’apprendre », s’amuse-t-elle. Dotée d’une mémoire hors-norme depuis l’enfance, elle se rend compte qu’elle a intégré, malgré elle, les rudiments du jeu. A 25 ans, elle s’engage dans le monde de la compétition.

Tout bascule en avril 2014. La bridgeuse revient d’un tournoi de sélection de l’équipe de France, dans des conditions particulièrement stressantes. En allant rejoindre des amis dans sa maison de campagne en Bourgogne, elle est victime d’une rupture d’anévrisme. Sa voiture heurte un muret au milieu des vignes. Par chance, un motard est témoin de l’accident. Interne au CHU de Dijon, il lui vient en aide.

« Si je n’avais pas joué au bridge, je ne serais pas revenue »

Dominique Jeannin-Naltet est en vie, mais privée de toute mémoire immédiate. Il lui faudra 3 ans de rééducation avec une orthophoniste pour recouvrer ses capacités. « Quand on me disait quelque chose, j’écoutais mais je ne m’en souvenais plus la minute d’après ». Petit à petit, de nouvelles connexions se créent entre les parties de son cerveau. La sexagénaire apprend à transférer les informations vers sa mémoire à moyen terme. « Si je n’avais pas joué au bridge, je ne serais pas revenue », lâche-t-elle. De l’avis des médecins, ses années de pratique lui ont littéralement sauvé la vie, en rendant son cerveau très plastique.

Aujourd’hui, la Lyonnaise ne garde aucune séquelle. En février 2017, elle devient même championne de France en première division dames. « A l’annonce du palmarès, les joueuses du club ont lancé une ola », se souvient-elle, les larmes aux yeux. Toujours animée par la même soif de vivre, Dominique Jeannin-Naltet compte bien continuer le bridge et entretient sa mémoire grâce à la lecture et aux mots croisés. Si elle ne jouera pas les championnats du monde, elle sera présente pour soutenir les équipes de France. Elle sera aussi chargée d’apprendre les bases du jeu aux officiels. Un rôle tout trouvé pour cette formatrice de profession, pour qui « jouer est aussi une façon d’apprendre ».

Quelques chiffres

- 6 millions de cartes jouées
Pendant les quinze jours de tournoi, des dizaines de milliers de parties seront distribuées. Les joueurs possèdent les mêmes valeurs de cartes pour éliminer le hasard. Les jeux sont préparés à l’avance par sept personnes enfermées dans un coffre-fort, et répartis par une machine reliée à un logiciel.

- 7 heures de jeu quotidien
Pour les joueurs internationaux, la compétition durera une à deux semaines, avec 7 heures de jeu quotidien. En moyenne, un bridgeur doit mémoriser 30 000 cartes au cours de l’épreuve. Un véritable challenge.

- 2,5 millions de bridgeurs en France
La ville de Lyon compte 5 900 bridgeurs, qui jouent dans 47 clubs différents. Au niveau national, le bridge est pratiqué par 2,5 millions de français.

- 1932
C’est l’année de la première édition des mondiaux de bridge par équipes. La compétition a lieu tous les deux ans. L’édition 2015 se tenait à Chennai, en Inde.

« Le bridge a perdu son image vieillotte »

Photo Guillaume Perrin
Photo Guillaume Perrin

Patrick Bogacki, vice-président de la Fédération française de bridge

- Pourquoi avoir choisi Lyon comme ville-hôte de ces championnats ?

« D’abord pour l’emplacement géographique et le dynamisme de la ville. On a procédé à un appel d’offres. Après avoir consulté la ville de Marseille qui s’était proposée, on a regardé ce que Lyon pouvait offrir. Cette ville a déjà hébergé deux grands championnats et a une bonne expérience de ces événements, qui permettent de belles retombées économiques. Comme la Fédération française de bridge s’organise en comités, nous avons fait une demande au Comité du Lyonnais, qui est l’un des plus gros en termes de licenciés. Pendant ces 15 jours, nous allons accueillir 4 000 personnes, avec environ 150 € de dépenses par joueur par jour. Les pouvoirs publics à Lyon ont compris leur intérêt à accueillir ce championnat. »

- Dans les trois épreuves phares, qui sont les équipes favorites ?

« Les Américains sont très bien classés chez les hommes. Chez les femmes aussi, mais il y a les Françaises, les Allemandes, les Hollandaises, les Chinoises. Il faut savoir que le bridge a longtemps été interdit en Chine, et maintenant c’est peut-être même la première nation au monde devant les USA, car ils ne communiquent pas officiellement sur leur nombre de licenciés. Chez les seniors, c’est beaucoup plus ouvert, mais il y a toujours une belle présence des USA. »

- Quelles sont les valeurs portées par la FFB ?

« La discipline a perdu son image vieillotte et un peu bourgeoise. Maintenant, les portes sont ouvertes et c’est une bonne chose pour dépoussiérer l’image du bridge. Ce que l’on cherche avant tout, c’est de la proximité, de l’esprit d’équipe, de l’empathie et de l’ouverture à l’autre. »

Anne Rivière

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