Ils font la ville Le défi sportif d’Olivier Gentilini à la force des bras

Sur les quais du Rhône ou dans les Monts d’Or, les gens l’arrêtent pour lui parler et l’encourager.  Photo Joël PHILIPPON
Sur les quais du Rhône ou dans les Monts d’Or, les gens l’arrêtent pour lui parler et l’encourager. Photo Joël PHILIPPON

Paraplégique à 20 ans, à la suite d’un accident de la route, ce Lyonnais très sportif (33 ans), veut disputer l’Ironman, plus gros triathlon au monde.

Les trois épreuves de la finale de la coupe du monde de l’Ironman d’Hawaï, le 14 octobre prochain, donnent le vertige : 3,8 km de natation (l’équivalent de 32 longueurs en piscine olympique), 180 km de vélo (une étape du Tour de France) et 42,2 km de course à pied (un marathon).

Elles font sourire Olivier Gentilini, 1,87 m, voix douce, tête bien pleine et bras musclés. Lire la stupéfaction dans les yeux de ceux qui apprennent son double pari fou, l’amuse. Le Lyonnais s’attaque à une épreuve hors normes, qui plus est dans un monde de valides. Il faut oser, et quand on est sportif dans l’âme, on ne recule pas, ni devant les sacrifices physiques, ni les soucis financiers. « Je surfe sur la vague des Jeux de Rio 2016 où s’est déroulé le premier paratriathlon. Et puis, j’ai découvert que le monde de l’athlétisme est assez ouvert. On échange, on court avec les valides. »

Il aimait et pratiquait le ski alpin et la course à pied avant qu’un accident de la route ne le prive de l’usage de ses jambes. Alors, pour retrouver un mental d’acier, Olivier, qui vient de mettre sa carrière de publicitaire entre parenthèses, a relevé d’autres défis. Histoire de retrouver les sensations de l’adrénaline. Rien que de l’extrême : parapente, chute libre, wakeboard, voltige, quad.

« Mon médecin trouve ça dingue »

Son palmarès débute au Maroc, au rallye-raid 4x4 en 2011, avec Handi raid Passion. Il dispute deux marathons, en 2012, comme guide pour mal voyant, lors d’un marathon associatif pour Handisport lyonnais (42 km en 4 h 15), en 2013 Run in Lyon (42 km en 3 h 15). Après le rallye-raid 2015 au Portugal (quinze jours), il enchaîne avec l’aquathlon d’Aix-les-Bains, traversée du lac du Bourget sur 3 500 m à la nage. « Au Bourget, j’ai sauté directement d’un pneumatique pour rejoindre le départ. À l’arrivée, j’ai demandé aux nageurs de m’aider à sortir. Ils étaient scotchés. » Autre cocasserie au Run in Lyon. Il crève une roue de son handibike, roule sur la jante avant de trouver une âme charitable qui le dépanne. « J’ai mis 3 h 15. Aucun ami ne m’attendait à l’arrivée. Personne n’imaginait que je bouclerai ce temps ! » On l’aura compris, c’est uniquement à la force des bras et au mental qu’Olivier accomplit ses exploits. D’autant qu’il n’a plus d’abdominaux. Respect. « Le pire, c’est dans l’eau, on est comme une ancre. Les jambes ne flottent pas, elles coulent. Je compense en améliorant ma ligne de flottaison. » Il s’est mis à apprendre le crawl et se découvre plus performant qu’à la brasse. Le 28 mai à Bourg-en-Bresse, il va mesurer ses progrès (1,5 km nage, 42 km vélo et 10 km à pied). Le 18 juin, il visera sa qualification au Luxembourg à l’Half Ironman (1,9 km nage, 90 km vélo et 21,5 km semi-marathon). « Je travaille beaucoup avec un kinésithérapeute, trois fois par semaine. On entretient les épaules, le dos, la nuque, pour éviter les blessures et la fatigue. Mon médecin ? Il trouve ça dingue, mais il me suit ! »

L’association N-OLI-MIT ouvre des horizons

« Tous les sports sont accessibles, il suffit de les adapter. » C’est en partant de ce constat qu’Olivier Gentilini et son ami Matthieu Baglan, président, ont créé l’association N-OLI-MIT, fin 2016. Elle a pour but d’accompagner les personnes en situation de handicap dans la réalisation de leurs passions sportives. « Cet Ironman, je le dispute pour créer le buzz et faire parler de N-OLI-MIT. J’ai une bande de sept copains qui mettent leurs compétences au service de l’association pour récolter des fonds et permettre à tous ceux qui veulent pratiquer des sports extrêmes de s’offrir des équipements handisports », explique Olivier, qui met au cœur de sa démarche, les valeurs de partage, de dépassement de soi, de persévérance et de sport santé. « Je veux ouvrir de nouveaux horizons parce que les sports proposés sont assez limités (fauteuil basket, tir à l’arc, tennis, etc.) souvent faute de moyens techniques et humains. »

N-OLI-MIT compte déjà une quinzaine de partenaires, dont la fidèle CGPME. Grâce à l’opération de crowfunding “sponsorise.me”, le hand-bike en carbone de compétition d’Olivier (9 kg au lieu de 14 kg), qui coûte12 500 € (sans les roues), est quasi financé.

Association N-OLI-MIT, 16 bis, rue Gasparin, à Lyon 2e. Facebook ou nolimit.ensemble@gmail.com.

Nadine Micholin

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