Musique Eric Deschamps, disquaire indépendant itinérant

Dans son salon, Eric réceptionne les arrivages de vinyles avant le Disquaire Day, qui a lieu ce samedi. / Photo Marion Saive
Dans son salon, Eric réceptionne les arrivages de vinyles avant le Disquaire Day, qui a lieu ce samedi. / Photo Marion Saive

A l'occasion du Disquaire Day, on a rencontré le Lyonnais Eric Deschamps, fou furieux de rock et de blues, disquaire depuis 26 ans. Trois jours par semaine, il installe son étal de 12 mètres de long dans les 2e, 4e, 5e, 7e et 8e arrondissements.

Son salon est un autel aux vinyles. Des étagères pleines à craquer de disques collector. Du Sam Lightnin’ Hopkins, du Hound Dog Taylor, des 78 tours tellement précieux que même ses enfants n’ont pas droit d’y toucher. « Ceux-là, je les emmènerai au fond du trou », dit Eric Deschamps, t-shirt de l’OL sur le dos, anneaux aux oreilles et chevalière au doigt. L’homme à la voix rauque, disquaire depuis 26 ans, stocke 10 000 vinyles dans son sous-sol. Assis sur le bord de son canapé, il ouvre un carton rempli de nouveautés, commandées pour le Disquaire Day, qui a lieu samedi.

Depuis le début de la journée, son téléphone n’arrête pas de sonner. « Mes clients veulent savoir si j’aurai tel ou tel disque sur mon stand, mais je n’ai rien le droit de dévoiler avant le jour J », explique Eric, qui enchaîne les clopes roulées et gobe un carré de sucre entier pour accompagner son café.

« A La Nouvelle-Orléans, ils jouent de la musique comme ils vissent des boulons à l’usine »

Lancé sur ses goûts musicaux, le rockeur de 52 ans, petit-fils et fils de collectionneurs de vinyles, est intarissable sur la Louisiane (il y est allé sept fois), cette terre de métissage dont il connaît toute l’histoire. « La Nouvelle-Orléans, c’est la Mecque des musiciens. 150 concerts par week-end, du funk, du blues, du rock créole ou cajun… Là-bas, les mecs jouent de la musique comme ils vissent des boulons à l’usine ».

La sonnerie du portail retentit. C’est le livreur, qui lui apporte son troisième colis de la journée. Eric saute tel un cabri et se rue dehors pour accueillir le postier. Il attend encore deux ou trois cargaisons, de Los Angeles et d’Italie pour compléter son offre spéciale Disquaire Day. « Au-delà de la qualité du son, le vinyle est un très bel objet : les pochettes Gatefold à deux volets, les posters et les livrets de photos glissés à l’intérieur... », dit-il, un album des Velvet Undergound entre les mains.

« Ma richesse, c'est l'échange que j'ai avec les gens »

Après huit ans chez Boul’Dingue rue du Bœuf, la plus grosse boutique lyonnaise de vinyles qui a fermé, Eric s’est lancé dans la vente en ligne. Il a tenu deux ans : « Je passais mes journées en pyjama à bouffer des gâteaux, le chat sur les genoux. J’ai pris 12 kilos. » Alors, le nostalgique de tournées (le guitariste et joueur de lap-steel, un instrument hawaïen qui se manie à plat, s’est produit trois fois sur la scène de Jazz à Vienne) a monté Ric Vintage Records Shop, un concept de disquaire itinérant.

Depuis cinq ans, il trimballe sa voiture et sa remorque sur les marchés du disque et du livre lyonnais. 12 mètres de stand et plus de 1 500 références, trois jours par semaine dans les 2e, 4e, 5e, 7e et 8e arrondissements. « Je suis heureux, peinard, je changerais de métier pour rien au monde. » Mais avec trois vertèbres cassées à force de porter les caisses de 25 kg, le quinqua pense racheter une camionnette de fromager, ce qui lui éviterait bien de la manutention. Ça, ce sera une fois qu’il aura fini de rembourser sa voiture neuve. « En tant que disquaire indépendant et itinérant, j’suis pas le plus fortuné. Ma richesse, c'est l'échange que j'ai avec les gens. » Tellement que les clients deviennent souvent de bons amis. « On partage la même passion, on ne peut que devenir copains. »

Il organise des concerts de rock espagnol au Jack Jack de Bron

Le « fou furieux de rock » comme il se qualifie lui-même, a monté Movid’a Lyon avec trois copains : une association qui promeut le rock/punk/psyché/garage espagnol et qui organise des concerts dans la petite salle du Jack Jack de Bron.

Pour vivre la musique au quotidien, Eric se verrait bien habiter en Louisiane. Mais chaque fois qu’il quitte Lyon plus de trois mois, sa ville lui manque. « Mouiller les pieds dans la Saône, manger une bonne quenelle bien gratinée… Je ne pourrais pas m’en passer. »

Ce samedi 22 avril, Eric Deschamps tient un stand sur la place Commette, à Saint-Jean (Lyon 5), pour le Disquaire Day.

Disquaire Day à Lyon : demandez le programme !

Ouverture du village du Disquaire Day au slow café Sofffa (17, rue Sainte-Catherine, Lyon 1er) samedi à 10 heures. Ce lieu concentrera les informations,  proposera un brunch, une exposition et une mise en avant exceptionnelle du fond du département musique de la bibliothèque municipale de Lyon.

 

Dans le même temps, début de la chasse aux trésors musicaux chez les disquaires lyonnais participants :

-      Art Disques : 12, place Gabriel Rambaud (Lyon 1)

-      Dangerhouse : 3, rue Thimmonier (Lyon 1)

-      Sofa Records : 7, rue d’Algérie (Lyon 1)

-      Kraspek Myzik : 20, montée Saint Sébastien (Lyon 1)

-      Tiki Vinyl Store : 13, rue René Leynaud (Lyon 1)

-      Groovedge Records Store : 12, rue des Tables Claudiennes (Lyon 1)

-      Chez Emile Records : 38, rue Sergent Blandan (Lyon 1)

-      Ric Vintage Records shop : disquaire itinérant – Place Edouard Commette (Lyon 5)

-      Gibert Joseph Lyon : 2, quai Gailleton (Lyon 2)

-      Livity Records : 5, quai de Bondy (Lyon 5)

-       Gibert Joseph Carré de Soie : centre commercial Carré de Soie, Vaulx-en-Velin

 

En complément, la journée de chasse aux perles rares sera jalonnée de showcases de Gloria (pop psyché) chez Tiki Vinyl Store, Alexy Golonka (chanson folk/punk), Moon Mic + Diarraminal (reggae) chez Livity Records, et de dj sets (MTUA + Kaffe Crème + Jean Mi + Frère Zèbre +  Saulk +  Judaah + Sentimens) Chez Émile et Groovedge Records Store.

 

La journée se terminera par des concerts lors de la Disquaire Day Night :

-      The Cats Never Sleep (Pop Lofi) au Kraspek Myzik

-      Soirée “Wrecks on” #2 au Ninkasi Kao (Gratuit)

-      Temples + Creatures (Rock Psyché) à l’Épicerie Moderne

-      Sable Horses (Indie Pop) + Mountain & Waves + Postman Horse au Toï Toï le Zinc

-      José James (Jazz R’n’B Soul) au Club Transbo

-      Skeleton Band (Blues Baston) au Bal des Fringants

 

Programme complet à retrouver sur le site du Disquaire Day Lyon

Marion Saive (marion.saive@leprogres.fr)

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