Cirque Frédéric Edelstein, cœur… de Lyon

La “formation” de ses lions, il la poursuit sur la piste, devant les spectateurs. Son objectif : faire marcher trois de ses fauves devant lui. S’il réussit ce challenge, il sera le premier au monde.  Photo Maxime JEGAT
La “formation” de ses lions, il la poursuit sur la piste, devant les spectateurs. Son objectif : faire marcher trois de ses fauves devant lui. S’il réussit ce challenge, il sera le premier au monde. Photo Maxime JEGAT

C’est l’histoire d’un gone qui, profitant de l’absence de son père, entre dans la cage aux tigres. Aujourd’hui dompteur de fauves émérite du cirque Pinder, c’est avec dix lions blancs qu’il travaille. Un choix tout trouvé pour ce Lyonnais né un jour de juillet… sous le signe du lion. Retour sur ses débuts.

Assis à une table de jardin, devant sa caravane, Frédéric Edelstein profite du soleil de printemps. Une pause bienvenue pour le directeur du Cirque Pinder, dans cette tournée marathon à travers la France. Depuis son arrivée à Lyon, le 7 avril, il propose jusqu’à trois représentations par jour ! Cette ville, le célèbre dompteur de fauves la connaît très bien.

C’est ici qu’il est né, un certain jour de juillet 1969… Sous le signe du lion. Prémonitoire ? Pas du tout. «Mon père (Gilbert Edelstein) avait un restaurant rue Auguste-Comte (Lyon 2e). C’est comme ça qu’il a rencontré Jean Richard (alors propriétaire de Pinder, Ndlr), qu’il s’est associé avec lui, puis, qu’il a racheté l’affaire (en 1983)», raconte-t-il. «Mais il était hors de question que ma sœur et moi, on rejoigne la troupe. Il me disait toujours : “Je ne t’ai pas mis au monde pour que tu te fasses bouffer par un tigre”.»

Profitant de l’absence de ses parents, le têtu Frédéric, 14 ans, va pourtant désobéir. «Le dompteur avait démissionné. Je l’avais beaucoup observé. J’ai fait descendre la cage. On ne refuse rien au fils du directeur, rit-il. J’ai fait deux passages. Le trapéziste m’a bricolé un costume et le soir même, je présentais le numéro avec les tigres. C’était de l’inconscience. Et quand mon père a appris ce que j’avais fait, je vous laisse deviner ce qu’il m’a dit…»

Mais l’adolescent vient de marquer des points. Et si Gilbert Edelstein met tout œuvre pour le «dégoûter du métier», il autorise son fils à apprendre auprès des meilleurs : Dick Chipperfield, Wolfgang Holzmaïr… et à prendre en charge l’éducation des tigreaux qui viennent de naître.

Il s’inspire du look de son idole, Gunther Gebel-Williams (cirque Barnum) pour dessiner son costume et entre dans la carrière. Une carrière de plus de trente ans, qu’il poursuit actuellement avec ses magnifiques lions blancs. Un choix tout trouvé pour ce Lyonnais né sous le signe du lion.

Avec dix gros «bébés» blancs

Ils s’appellent Sarah, Jemima, Shiva, Dinga… Ils ont entre 2 et 3 ans et viennent d’Afrique du Sud. Ces lions blancs, c’est avec eux que Frédéric Edelstein se produit, depuis deux saisons, dans un numéro impressionnant. Dans la cage, il est là, face à douze fauves (dix femelles, deux mâles) imposants qui ne lui pardonneront rien : là, il les fait former une pyramide, se tenir debout contre les barreaux de la cage, se couche dessus, dessous…

«On s’imagine qu’un dompteur est fou, inconscient. C’est faux, dit-il. Il doit faire attention à tout, détecter les points forts, les faiblesses, les variations d’humeur… Et cela, ça se construit au fur et à mesure. On passe du temps avec eux pour les connaître et bâtir la complicité. Sur la piste, c’est moi le prof d’école. C’est à moi de faire mon travail correctement en maintenant l’ordre. Ce sont des artistes à part entière et ils sont très intelligents : ils apprennent très vite ».

Et de poursuivre, constamment, avec eux, son numéro… Jusque sous le grand chapiteau. « Chaque fois, je fais marcher une lionne devant moi. J’en teste trois, actuellement. L’idée c’est d’arriver à les faire marcher ensemble». Il serait alors le premier dompteur au monde à y parvenir.

Tous les jours, jusqu’au 1er mai. Quai Perrache, marché Gare, Lyon 2e. Tarifs : de 15 à 50 €. Tél. 06.31.48.84.69. www.cirquepinder.com.

Céline Bally

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