Street art Les yeux de Bowie menacés ?

L'échafaudage installé depuis la semaine dernière n’a pour seul objectif que de permettre la réfection de la toiture de l’immeuble. / Photo Pierre Augros
L'échafaudage installé depuis la semaine dernière n’a pour seul objectif que de permettre la réfection de la toiture de l’immeuble. / Photo Pierre Augros

Depuis novembre, David Bowie habille l’un des murs de la rue Neyret, à Lyon 1er. À l’origine de cette œuvre, le street artiste Big Ben. Samedi soir, des fans du chanteur ont lancé une pétition afin de préserver le collage.

Ils sont déjà près de 3 200 à vouloir sauver les yeux vairons de David Bowie, que l’on aperçoit sur les pentes de la Croix-Rousse. C’est l’artiste Big Ben qui les avait immortalisés, en novembre dernier, rue Neyret.« Je suis un admirateur du personnage et de sa carrière. Sa disparition, en janvier 2016, m’a touchée et je trouvais ça intéressant de lui rendre hommage en ne peignant que son regard », explique Big Ben, qui opère à Lyon depuis 2011.

Il raconte même que l’un de ses premiers vinyles était Diamond dogs, le 8e album de Bowie, sorti en 1974.Les fans se mobilisent sur Internet. « J’habite à cinq minutes de la fresque. J’essaye d’y passer tous les deux jours », confie Catherine Bouquet, admiratrice du chanteur. Sur Facebook, elle fait partie de plusieurs groupes de fan de Bowie. C’est en discutant avec d’autres membres, et notamment Stéphanie Keraval, que l’idée d’une pétition a mûri. « Nous souhaitons que la Ville s’investisse pour protéger et mettre en lumière cette œuvre. » Sur le site change.org, on peut y lire : « La fresque des yeux de David Bowie réalisée par l’artiste Big Ben va être détruite. On ne doit pas détruire une telle œuvre, hommage à un génie. »

Contactée par mail, la Ville de Lyon assure qu’« aucun projet de démolition n’est prévu ». Le contrefort sur lequel a été réalisé le collage est d’ailleurs attenant à un immeuble privé. Selon l’artiste, les copropriétaires de l’immeuble apprécieraient la fresque et n’auraient donc aucune volonté de la retirer.

De plus, l’échafaudage installé depuis la semaine dernière n’a pour seul objectif que de permettre la réfection de la toiture de l’immeuble. Plus de peur que de mal, donc. « Cette œuvre ne m’appartient plus. Ce qu’elle devient, c’est son histoire », conclut Big Ben, qui se réjouit de l’agitation autour de son œuvre.

La pétition, tribune en faveur du street art

Big Ben. / Photo D.M
Big Ben. / Photo D.M

« C’est une façon intelligente d’informer les politiques de la place que peut tenir l’art urbain dans la vie des gens, et ainsi les inciter à lui donner plus d’importance », explique Big Ben sur sa page Facebook. Pour lui, « Lyon doit sortir du côté académique et classique de cet art et ouvrir davantage de murs ». Pour les signataires, outre l’hommage à David Bowie, il est important de défendre le street art. « L’art apporte de la beauté à nos villes si tristes, ne le détruisons pas ! », écrit Corinne Papillon. « Le street art fait partie intégrante de l’esprit des pentes », justifie Arthur Hawkins.

Alice Hubert

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