Transports Vélo : Lyon gagnée par un engouement sans précédent

Chaque jour, 8 000 vélos empruntent les berges du Rhône.   Photo d’archives Philippe JUSTE
Chaque jour, 8 000 vélos empruntent les berges du Rhône. Photo d’archives Philippe JUSTE

Les derniers chiffres le confirment : un engouement sans précédent pour le vélo gagne la Métropole lyonnaise. Cette augmentation exponentielle est bien encadrée mais pose encore des problèmes au quotidien.

Le phénomène ne s’estompe pas. Dans la Métropole, davantage de vélos se glissent chaque jour dans la circulation. Les derniers comptages du trafic dépassent toutes les prévisions : en un an seulement, les va-et-vient de bicyclettes ont encore augmenté de 10 %. Sur les berges du Rhône, 8 000 vélos transitent quotidiennement. Cours Albert-Thomas, on en recense 4 100 chaque jour, contre 3 500 il y a un an. Sur tous les grands axes, les chiffres explosent (lire infographie). « Clairement, c’est une évolution sociétale très forte », constate Fabien Bagnon, porte parole du collectif lyonnais La ville à vélo.

Tensions entre usagers

« À une époque, certains ont pu croire que c’était une mode liée à une pratique loisir. Mais la vérité, c’est que le vélo est d’abord un moyen de transport plébiscité parce qu’il est efficace, rapide et pratique. » Il est vrai qu’aux heures de pointe, la file de cyclistes s’allonge sur les 670 km de piste cyclable de la Métropole. La collectivité vise le millier de kilomètres en 2020. Des aménagements sont prévus partout : cours d’Herbouville, quais de la pêcherie, boulevard des Brotteaux, sur le pont Churchill… « C’est une période historique », va jusqu’à dire Fabien Bagnon, pour qui « il y a eu une véritable prise de conscience politique. Tout n’est pas parfait mais on a basculé dans une nouvelle ère, où l’on ne parle plus de faire du quantitatif mais aussi du qualitatif. »

Malgré tout, cet engouement sans précédent a ses inconvénients. Accidents, code de la route bafoué, incivilités : l’essor du vélo multiplie les tensions entre usagers de la route. « Je suis étonné qu’il n’y ait pas plus de drames », regrette Claude Polidori, président de l’Automobile club du Rhône. « Il faut être honnête : la cohabitation devient très compliquée et les vélos sont devenus une plaie pour beaucoup d’automobilistes. La circulation des vélos est souvent anarchique. Les règles de base comme les feux rouges ne sont pas respectées et les automobilistes ont peur. » Réglementer encore, sanctionner plus, c’est ce que demandent de nombreuses associations. « Les efforts ne peuvent pas aller que dans un sens », réclame Yves Gascoin, co-président de l’association Les Droits du piéton (lire ci-dessous), qui résume bien le sentiment général. « Personne ne vous dira qu’il est contre l’usage du vélo. Mais il faut un minimum de règles pour le bien-être collectif, sans quoi les gens continueront à faire n’importe quoi. »

Benoit Mouget

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